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Histoire du chocolat

LA FABULEUSE HISTOIRE DU BREUVAGE DES DIEUX

Elle débute au matin du monde, au creux d’une épaisse forêt située entre l’Orénoque et l’Amazone. Ici, à l’ombre des plus grands, pousse un petit arbre au tronc mince et clair, un arbre extraordinaire aux fruits insolites : la cacaoyer.

Cabosse de cacaoyer

Mille ans s’écoulent, peut-être deux. De puissantes civilisations se succèdent : les Mayas, les Aztèques, puis les Toltèques. Des palais et des temples merveilleux fleurissent au nord de l’Equateur et au sud du Mexique actuels. Les fèves de “chacau haa” (en Maya) ou “xocoatl” (en Aztèque) y servent de monnaie d’échange et d’étalon comptable à l’égal de l’or. Le chocolat est considéré comme une boisson sacrée inspirée par Quetzalcoatl, dieu de la nature. Mayas et Aztèques apprennent aussi les propriétés hydratantes du beurre de cacao, substance obtenue après plusieurs étapes de transformation : ce baume devient partie intégrante de la pharmacopée pour cicatriser les gerçures et les brûlures, calmer les ardeurs du soleil, soigner le foie ou les poumons et comme remède préventif contre les morsures de serpent.

Les origines du chocolat en AmériqueLe 30 juillet de l’an de grâce 1502, Christophe Colomb effectue son ultime traversée à bord de la Santa-Maria. Il s’approche d’une terre inconnue au large du Honduras lorsque, soudain, l’équipage aperçoit une pirogue venant à sa rencontre. Ses occupants autochtones montent à bord avec des présents de bienvenue : des étoffes, du cuivre, ainsi qu’un sac contenant d’étranges petites fèves. Les fèves sont broyées, mélangées à divers ingrédients. Colomb y goûte, mais trouve le breuvage amer, fort épicé et sans intérêt pour l’Europe. Ainsi s’inaugure la rencontre des Européens avec le cacao…

L’affaire restera sans suite durant presque vingt ans. C’est en 1519 que l’Europe découvre enfin la fève de cacao, rapportée du Nouveau Monde par le conquistador Hernan Cortes. Cependant, sur le vieux continent, le chocolat tarde à s’imposer : il reste une denrée de luxe réservée à une élite, et son goût amer et épicé ne suscite guère l’enthousiasme. C’est alors que des moines espagnols ont l’idée d’associer le cacao au sucre des Caraïbes. On assiste alors à la naissance du chocolat !

La dégustation du chocolat en Europe

Très vite l’intérêt grandit et le commerce du chocolat se développe. La France le découvre lorsque Louis XIII épouse l’infante d’Espagne, Anne d’Autriche, qui en est très friande. Le Cardinal de Richelieu, puis le jeune Louis XIV perpétuent cet usage à la cour royale. Un artisanat commence à fleurir, notamment en Gascogne où s’est implantée une communauté juive chassée d’Espagne par l’Inquisition, emportant dans son triste exil des savoir-faire alors inconnus en France. Du 16° siècle à la fin du 17°, la production du chocolat demeure relativement confidentielle. Ce n’est qu’avec la révolution industrielle qu’il devient un produit de consommation courante, n’ayant plus grand chose de commun avec son ancêtre le “tchocolatl”.

La matière première du cacaoEn 1753, le savant suédois Carl von Linnaeus baptise le cacaoyer “Theobroma Cacao”, littéralement “nourriture des dieux”, consacrant définitivement le chocolat comme un produit d’exception, à la fois enraciné dans une étrange mythologie, reconnu par la science pour ses vertus, et convoité par le monde entier, des princes aux voyageurs. Véritable quintessence de la culture universelle !

Au début de notre troisième millénaire, à côté des friandises vaguement chocolatées dont les multinationales agro-alimentaires inondent nos marchés, le travail de l’artisan chocolatier est un art préservé, au prix d’efforts incessants pour conserver et perpétuer les saveurs sublimes du chocolat. Le consommateur gourmet et avisé ne s’y trompera pas, y compris sur la question d’actualité du beurre de cacao entrant dans la composition des meilleurs chocolats français.